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La cuite, c'est pas automatique

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Présentation
Face à l'augmentation des pratiques d'alcoolisation excessive chez des publics jeunes, dont celle du "binge drinking", la Ville de Paris, en partenariat avec 7 associations de prévention (dont Le Kiosque) a mis en place une démarche de prévention spécifique: "La cuite, c'est pas automatique".

Des chiffres alarmants

Si le pourcentage des jeunes Parisiens de 17 ans ayant connu des ivresses répétées en 2005 est moins élevé que celui des jeunes de l'ensemble du territoire français au cours de la même année (19% contre 26%), ces chiffres n'en sont pas moins préoccupants et montrent bien un phénomène en expansion également dans la capitale (15% en 2002 pour Paris contre 20% en 2002 pour le National).
Sources 
ESCAPAD 2005, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT).

Objectifs
En s'appuyant sur six structures (dont Le Kiosque) déjà engagées dans la prévention des conduites à risques et, en particulier, des consommations abusives d'alcool chez les jeunes, la Ville de Paris développe un projet qui, dans une première phase, vise deux objectifs :

Compréhension des pratiques d'alcoolisation des jeunes

Le premier objectif peut surprendre par sa « modestie » mais il est parti du constat que l'on ne saisit pas encore pleinement ce qui motive des jeunes à consommer un maximum d'alcool dans un minimum de temps pour atteindre rapidement un état d'ivresse. Certes, des hypothèses sont énoncées : cette défonce ne serait-elle pas la réponse de jeunes « à une injonction de notre société ». Soumis à des pressions de plus en plus grandes sur le plan scolaire et sur celui de l'avenir professionnel, les jeunes ne tenteraient-ils pas simplement de « décompresser », de s'échapper… jusqu'à l'oubli ? Sans compter que le contexte de « pression à la consommation » favoriserait largement de tels comportements … Il semblait que rencontrer les intéressés dans un climat de confiance, les laisser émettre leurs propres hypothèses … ou, pour certains, leurs propres raisons de s'alcooliser de façon massive était un préliminaire indispensable à une possible élaboration de messages de prévention ultérieurs. Instaurés par chacune des six structures avec des groupes différents, les rencontres et les échanges permettent de travailler sur les représentations des jeunes et un travail de sensibilisation s'enclenche déjà.

Valorisation et l'implication des jeunes

Le deuxième objectif vise à ancrer le processus de prévention : les jeunes sont invités à travers des réalisations personnelles et/ou collectives (pièce de théâtre, slam, clip, expo photos…) et dans le plaisir de la création, à formaliser leurs idées, voire à transmettre un message à leurs pairs. Sans aucun doute, cette approche ne peut valoir en terme de prévention que si elle s'inscrit dans le quotidien des jeunes ou, plus modestement, dans leurs lieux de fréquentation et de sociabilité ; si elle tient compte de ce que ces jeunes vivent par ailleurs, du contexte social, culturel, économique qui est le leur. D'où le choix des structures de prévention, partenaires de la démarche "La cuite, c'est pas automatique", de mettre en place dans cette première phase des projets locaux, inscrits dans un territoire, à une échelle modeste (de 10 à 15 jeunes pour chacun des projets).


Rôle des partenaires de terrain
L'une des difficultés est bien de mobiliser au départ des groupes de jeunes, la thématique de l'alcool étant plutôt jugée rébarbative …ou appréhendée sur un mode défensif ("les problèmes avec l'alcool, c'est pour les autres, moi, je ne suis pas concerné, je gère..."). Il s'agit donc pour les structures de prévention qui montent ces projets locaux de s'appuyer sur leurs partenaires de terrain : clubs de prévention, centres d'animation, antennes jeunes, centres sociaux, espaces publics numériques, associations de quartiers,CHRS "Le Lieu-dit" (Paris 11ème), qui reçoit exclusivement un public jeune…
Par leur intermédiaire, il est possible de rencontrer les jeunes qui fréquentent ces lieux, de tisser avec eux un lien de confiance, de partir de leurs attentes pour revenir ensuite vers cette thématique. Mais, même dans ce cadre, l'engagement des jeunes n'est pas systématiquement acquis. Par contre, quand ils se mobilisent en effet et réalisent au final une création qui leur soit propre, l'enthousiasme est au rendez-vous.

Réalisations et projets fleurissants
Ont ainsi été réalisés, dans le cadre des projets locaux 
 une pièce de théâtre qui a donné lieu à une représentation publique, 
 une plaquette Alcool en couleur, proposant informations, conseils et orientations, 
 deux clips vidéo de prévention, 
 des textes de slam, de rap 
 et une exposition photos
Des soirées de valorisation de ces « créations croisées » sont organisées régulièrement. Un buffet et … des cocktails sans alcool ponctuaient évidemment les soirées intitulées "Instantané".
Un concours de prévention "The binge, trop boire c'est le cauchemar" 
Destiné aux jeunes âgés de 15 à 25 ans habitant, travaillant ou étudiant à Paris, mais aussi aux structures associatives parisiennes,ce concours a été accessible sur le site www.thebinge-lefilm.com. Les jeunes avaient la possibilité de se munir de leur caméra, leur téléphone portable ou leur web cam pour réaliser un mini film de 30 secondes à 5 minutes et mettre en garde les autres contre « l'enfer du binge drinking » qui peut transformer une soirée en une nuit de cauchemar (perte de contrôle, comportements dangereux, violences physiques, verbales ou sexuelles, etc.).

Résultats du concours 
 1er prix : Twist in the night

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