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IST, disponibilité des traitements et promotion de la santé sexuelle

Mardi, 05 Mai 2015
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En mars dernier, le Ministère de la Santé et des Affaires sociales organisait une journée sur les Infections sexuellement transmissibles (IST) et la promotion de la santé sexuelle. Parmi les sujets abordés lors ce colloque, l’augmentation des IST, la multiplication des ruptures de stocks de traitements et la création de nouveaux centres de santé sexuelle.

 

Depuis le début des années 2000, on observe une augmentation des IST, notamment des gonococcies, des chlamydioses, de la syphilis et de la LGV (lymphogranulomatose vénérienne), ces deux dernières infections étant réapparues après avoir quasiment disparu à la fin du siècle dernier.

En France, les syphilis récentes (moins d’un an) touchent à 86% les Hommes ayant des relations sexuelles avec des Hommes (HSH). Les LGV ont beaucoup augmenté en 2013, quasi-exclusivement au sein de cette même population. Quant aux gonorrhées, si elles progressent surtout chez les HSH, elles sont également en hausse dans la population hétérosexuelle. L’augmentation des chlamydioses s’explique elle principalement par un dépistage plus systématique de ces infections au cours des dernières années.

Cette tendance à la hausse des IST se retrouve dans toute l’Europe entre 2003 et 2011. S’il existe des différences entre les pays selon les infections, il est difficile de faire des comparaisons en raison de systèmes de surveillance des IST qui diffèrent selon les nations(1).

 

Menaces sur la disponibilité des traitements

Caroline Semaille, directrice de la Direction des médicaments anti-infectieux à l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), a abordé la question de la disponibilité des traitements. On assiste depuis 5 ans à une augmentation des ruptures de stocks de médicaments en France.

Or ce sont les anti-infectieux qui sont les plus touchés. Deux ruptures de stocks pour le traitement de la syphilis ont ainsi eu lieu en 2014. Un phénomène que connaissent également d’autres pays européens et les Etats-Unis, qui devient structurel et dont les causes sont multiples. Parmi celles-ci, la hausse de la demande mondiale, notamment des pays émergents, et l’arrêt des sites de production des matières premières. Ce dernier point pose la question de la concentration de la production mondiale dans uniquement un ou deux sites, souvent en Chine ou en Inde, la plupart des pays n’ayant ainsi aucun contrôle sur cette production. La moitié des cas de rupture auraient pour origine un problème de production. Ce fut le cas pour la doxycicline, une molécule utilisée comme antibiotique contre, entre autres, la syphilis, les chlamydioses et les gonococcies.

Il faut ajouter, parmi les causes, les enjeux commerciaux. Si par exemple la France ne vend pas un produit assez cher, le commercialiser dans notre pays n’est pas assez attractif pour les laboratoires.

Le diagnostic vital du patient est parfois engagé. Or il est aujourd’hui certain que le problème des ruptures des stocks va perdurer. Il faut par conséquent urgemment trouver des solutions face à ce qui apparaît comme une véritable menace… Et pourquoi pas en créant un laboratoire pharmaceutique d’Etat qui produirait les molécules les plus « critiques » ?

 

Promotion de la santé sexuelle

Afin d’accroître la qualité de l’offre de prévention et de dépistage, et de mieux garantir la continuité du parcours de soins, les CDAG et les CIDDIST (2) seront prochainement fusionnés pour devenir des centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CeGIDD). Cette décision s’appuie sur le constat d’un parcours de soins aujourd’hui très morcelé : les consultations pour le VIH sont dissociées de celles relatives aux autres IST, et ni la vaccination ni la contraception ne sont prises en charge dans ces structures. L’expérience positive du 190 (3), premier centre de santé sexuelle créé en 2010, destiné à un public LGBT, confirme l’importance de la pluridisciplinarité, qui permet de lier prévention, dépistage, suivi et soins.

C’est cette volonté que les personnes ne se perdent plus dans un système de soins complexe qui anime le projet des CeGIDD, lesquels devraient voir le jour au 1er janvier2016.

 

 

M.Collet

 

 

 

  1. (1) Epidémiologie des IST en France et en Europe, INVS, mars 2015 ( http://www.sante.gouv.fr).
  2. (2) CDAG : centre de dépistage anonyme et gratuit – CIDDIST : Centre d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles.
  3. (3)  http://www.le190.fr/
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