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CROI 2014 : des avancées dans la recherche sur le VIH et le VHC

Vendredi, 16 Mai 2014
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Début mars 2014 s’est tenue à Boston (Etats-Unis) la 21ème conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI). Cette conférence internationale réunit chaque année les spécialistes de la recherche sur le VIH/sida et permet de faire le point sur les avancées scientifiques et médicales. Le 3 avril dernier, les COREVIH(1) d’Ile-de-France organisaient une soirée/débat post-CROI, avec une présentation des principaux sujets abordés lors de la conférence. Parmi les bonnes nouvelles, les résultats très positifs de l’étude Partner, qui confirme l’intérêt des traitements ARV en tant qu’outils de prévention du VIH, et l’arrivée de molécules révolutionnaires contre le VHC.

 

Présentés lors de cette édition 2014 de la CROI, les premiers résultats de l’étude Partner sont enthousiasmants. Cette étude européenne en cours a pour objectif d’évaluer le risque de transmission du VIH au sein de couples sérodifférents (un seul des partenaires est séropositif). Les critères d’inclusion sont les suivants : le partenaire séropositif doit être sous traitement et présenter une charge virale indétectable (2) depuis au moins douze mois, le couple doit avoir des rapports sexuels sans protection ou du moins pas systématiquement protégés. Sur les 1110 couples inclus initialement dans l’étude, 767 ont été estimés éligibles, dont 282 couples HSH (Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes), une première. (3)

 

Efficacité du traitement comme prévention

Les résultats de l’étude sont remarquables puisqu’il n’y a eu aucune contamination chez l’ensemble des couples sur une période de 12 mois (4). On estime qu’en l’absence de traitement pour le partenaire séropositif, 15 contaminations auraient dû avoir lieu au sein des couples hétérosexuels, 86 chez les couples HSH. L’étude confirme que le Tasp, le « traitement comme prévention », fonctionne : lorsqu’une personne séropositive a un traitement efficace, le virus est contrôlé et le risque de transmettre le VIH à un partenaire sexuel devient extrêmement faible. Ces résultats viennent renforcer les recommandations françaises du rapport Morlat (5), paru en 2013, qui préconise une mise sous traitement de toutes les personnes vivant avec le VIH, et ce dès le diagnostic de la séropositivité (6).

 

Réservoirs du VIH et traitement précoce

D’autres résultats, ceux de l’étude française ARNS-OPTIPRIM, viennent conforter l’intérêt d’une  mise sous traitement la plus précoce possible.

Dans cette étude incluant 90 personnes, il s’agissait d’évaluer, sur deux ans, l’impact d’un traitement anti-rétroviral chez des patients traités en primo-infection (dans les premiers temps  qui suivent une contamination par le VIH), notamment sur les réservoirs. Les réservoirs désignent un ensemble de cellules qui hébergent le virus à l’état latent dans leur noyau ; il y demeure comme endormi. En cas d’arrêt des antirétroviraux, il se réplique à nouveau très rapidement, ce qui implique la prise de traitements à vie. Ces réservoirs se constituent très tôt, dans les premiers temps de l’infection. Or les résultats d’OPTIPRIM montrent, chez l’ensemble des personnes participant à l’étude, que le traitement ARV limite la constitution de ces réservoirs. On observe par ailleurs une protection du système immunitaire accrue, grâce au contrôle précoce de la réplication du virus lors de la primo-infection.

 

 

Traitements de l’hépatite C : la révolution

Il y a 3 ans, la découverte de deux molécules amorçait une révolution en matière de traitements de l’hépatite C (VHC) : le Boceprevir, et surtout le Telaprevir, permettaient d’accroître considérablement les taux de guérison, notamment  chez des patients co-infectés VIH/VHC et en échec de bithérapie, ainsi que l’ont montré deux essais français menés par l’ANRS et présentés lors de la CROI 2013 (7). Il s’agissait en revanche d’une thérapie lourde qui pouvait s’accompagner de nombreux effets indésirables et dont l’efficacité se limitait au génotype 1 de l’hépatite C.

Une dizaine d’essais ont été présentés lors de la CROI 2014, avec une nouvelle génération de molécules encore plus efficaces et avec des effets indésirables bien moins importants. Parmi ces molécules, le Sofosbuvir présente des propriétés particulièrement remarquables. Son efficacité a été établie pour les génotypes 1, 2, 3 et 4 et un de ses points forts est qu’il comporte peu d’interactions avec les traitements anti-VIH. Par ailleurs, le Sofosbuvir, administré dans le cadre de bithérapies et donc associé à d’autres molécules, permet d’éviter l’utilisation de l’Interféron, jusqu’ici omniprésent dans les traitements du VHC, molécule que de nombreux patients ne peuvent tolérer en raison d’effets secondaires particulièrement lourds. 

Une autre molécule, le Simeprevir, présente également des effets indésirables mineurs et des résultats souvent excellents chez les personnes co-infectées. D’énormes progrès ont aussi été réalisés quant à la durée du traitement, à savoir 12 à 24 semaines (contre 24 à 48 précédemment). 

Si le Sofosbuvir et le Simeprevir ont récemment obtenu leur autorisation de mise sur le marché européen, il reste un point noir, et de taille: le coût du traitement, qui s’élève actuellement à 1200 euros par jour pour le Sofosbuvir… ! Une baisse des prix permettrait un accès plus large à ce traitement, afin que toutes les personnes touchées par le VHC puissent bénéficier de cette révolution thérapeutique.

 

Des ARV sous forme injectable 

Concernant les traitements VIH, parmi les études en cours, des essais ont été lancés afin de développer des antirétroviraux à longue durée d’action qui pourraient être injectés tous les mois ou de façon trimestrielle. Deux ARV sont étudiés : la rilpivirine et un anti-rétroviral expérimental, le GSK-744. Une étude incluant 160 patients devrait être prochainement mise en place, afin d’évaluer la tolérance et l’efficacité de ces traitements.

Le GSK-744 est également en cours d’évaluation dans le cadre de traitements pré-exposition (PREP), c’est-à-dire des ARV pouvant être pris par les personnes séronégatives  les plus exposées à l'infection à VIH, afin de réduire le risque de contracter le virus. Une injection mensuelle ou trimestrielle aurait pour avantage de résoudre le problème d’observance du traitement, qui consiste actuellement en une prise orale quotidienne (8).  Des études ont été menées sur des singes macaques auxquels on a injecté le GSK-744. Si ces essais ont révélé un niveau de protection très élevé chez ces animaux (aucun des macaques ayant reçu le produit n’a été infecté au cours de l’étude), il reste à évaluer chez l’homme l’efficacité, la tolérance et les effets indésirables de ce traitement.


Aucun vaccin contre le VIH n’est envisagé dans un futur proche et il a été rappelé que pour faire face à l’épidémie, une approche globale est nécessaire et aucun outil ne doit être négligé : prévention, dépistage, traitement, counselling et PrEP, mais aussi prise en compte des facteurs socio-économiques.

 

M.Collet

 

 

(1) COREVIH : Coordination Régionale de la lutte contre le Virus de L'Immunodéficience Humaine.


(2) Charge virale indétectable: c’est-à-dire lorsque le taux de particules virales circulant dans le sang est tellement bas qu’il devient indétectable. Une charge virale indétectable ne signifie pas l’absence du virus mais que la quantité de VIH a atteint un niveau inférieur au seuil de détection par les tests. Des études ont montré qu’une charge virale indétectable limitait considérablement les risques de transmission du virus.

 

(3) En 2011 une étude similaire avait été menée, l’essai HPTN 052, mais elle concernait uniquement des couples hétérosexuels.


(4) Si certains partenaires séronégatifs ont été infectés par le VIH durant l’étude, aucune de ces contaminations n’était liée au partenaire stable, toutes se sont produites hors couple.


(5) Rapport 2013 sur la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH, sous la direction du professeur Philippe Morlat et sous l’égide du CNS et de l’ANRS. La Documentation Française. Paris, 2013. 


(6) Le Rapport Morlat préconise d’accroître le dépistage sachant que la majorité des transmissions sont liées à la méconnaissance du statut sérologique positif. Dépister une infection à VIH permet en outre de mettre en place précocement un traitement ARV pour un bénéfice à la fois individuel et collectif : efficaces pour la personne traitée, les traitements permettent également, en contrôlant le virus, de diminuer considérablement les risques de transmission du VIH.


(7)  Essais ANRS HC26 Telaprevih et ANRS HC27 Boceprevih.


(8) Le Traitement utilisé dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition est le Truvada, composé de deux molécules, l’Entricitabine et le  Ténofovir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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