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VIH/sida : une épidémie toujours très active et une augmentation des pratiques à risques chez les HSH

Mercredi, 04 Décembre 2013
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Fin novembre, l’Institut de Veille Sanitaire (INVS) présentait, dans le numéro du BEH (1) consacré au VIH/sida et aux hépatites en France, les données épidémiologiques de 2012 et les résultats de plusieurs enquêtes.

Le bilan n’est pas bon. L’insuffisance du recours au dépistage de l’infection à VIH ainsi que la  persistance de pratiques à risque, notamment chez les Hommes ayant des relations sexuelles avec des Hommes (HSH), ne permettent pas d’inverser la courbe de l’épidémie. 


 

Avec 6 400 découvertes de séropositivité en 2012, contre 6100 l’année précédente, l’épidémie du VIH ne montre aucun signe de fléchissement. Les contaminations par rapports hétérosexuels représentent 3 500 de ces nouveaux diagnostics, 2600 concernent des Hommes ayant des Relations sexuelles avec des Hommes (HSH) et 100 des usagers de drogues injectables. Dans le peloton de tête des régions les plus touchées, la Guyane occupe toujours la première place, suivie de la Guadeloupe, de l’Ile de France et de la région PACA.

L’augmentation du nombre de tests de dépistage du VIH observée en 2011 ne s’est pas poursuivie en 2012 ; un constat qui traduit le faible impact des campagnes d’incitation au dépistage en population générale.

 

Diagnostics précoces

On peut tout de même se réjouir de la baisse, entre 2011 et 2012, des découvertes de séropositivité au stade sida et de la hausse des diagnostics d’infections récentes (moins de 6 mois). Près de la moitié de ces dépistages précoces, 47%, concernent des HSH, avec une proportion importante de diagnostics réalisés au stade de la primo-infection, c’est-à-dire entre 2 et 8 semaines après la contamination par le virus. Outre que le risque de transmission du VIH est très élevé à ce stade, plus le traitement antirétroviral est initié de façon précoce, plus il est efficace pour contrôler l'infection. Dépister tôt une infection à VIH permet ainsi de mettre en place précocement un traitement ARV pour un bénéfice à la fois individuel et collectif : efficaces pour la personne traitée, les traitements permettent également, en contrôlant le virus, de diminuer considérablement les risques de transmission du VIH.

Mais si l’on observe une augmentation du recours précoce au dépistage en 2012 chez les HSH, on constate par ailleurs que le nombre de découvertes de séropositivité est en hausse uniquement au sein de cette population, soit 14% par rapport à 2011. Ce chiffre préoccupant pourrait être lié à l’augmentation du dépistage communautaire, qui a très certainement contribué à la hausse du nombre de HSH découvrant leur séropositivité en 2012; notamment avec le développement considérable des TROD (2), tests de dépistage rapide (32000 réalisés en 2012 contre 4000 en 2011).

 

Enquête Presse Gays

L’utilisation du préservatif ne cesse de diminuer au fil des ans chez les HSH. C’est ce qu’indique l'Enquête Presse Gays et Lesbiennes 2011 (3) dont les chiffres révèlent un usage du préservatif passé de 68% en 1997 à 47% en 2011. 46% des HSH ayant participé à l’Enquête déclarent avoir pratiqué, lors du dernier rapport sexuel, une pénétration anale sans protection. 33% des répondants n’ont pas utilisé  de préservatif avec un partenaire occasionnel connu, c’est-à-dire plutôt régulier, 25% avec un partenaire anonyme, et 52% de ceux qui ont plusieurs partenaires en même temps ne l’utilisent pas.

Si l’usage systématique du préservatif est de 58% chez les séronégatifs, il est de 20% chez les personnes séropositives avec des partenaires occasionnels. 75% des HSH séropositifs sont sous traitement ARV et avec  une charge virale indétectable, ce qui est insuffisant : la part trop élevée de ceux dont la charge virale reste incontrôlée participe probablement à l’augmentation des nouveaux diagnostics. Le traitement ARV peut permettre en effet d’obtenir une charge virale indétectable et ainsi réduire de façon considérable les risques de transmission du VIH (3). Un autre pourcentage préoccupant est celui des HSH séro-interrogatifs : 14% des répondants ignorent leur statut sérologique, parmi lesquels seuls 40%  déclarent utiliser systématiquement le préservatif lors de pénétrations anales.

Dans ce contexte, l’INVS insiste sur la nécessité de continuer à promouvoir la prévention combinée au sein de la population HSH, via une approche globale articulant promotion du préservatif, incitation au dépistage régulier et accès aux traitements.

 


 

Usagers de drogues

Le BEH présente également les résultats de la dernière Enquête Coquelicot (4), menée en 2011 et destinée à estimer la séroprévalence du VIH et de l’hépatite C (VHC) chez les usagers de drogues injectables ou pratiquant le snif. Si la séroprévalence du VIH au sein de cette population est de 10%, celle du VHC, 44%, demeure très élevée, bien qu’ayant beaucoup diminué depuis 2004 (60%). L’étude révèle qu’entre 2004 et 2011, les pratiques à risque ont augmenté chez les usagers de drogues injectables, en particulier les moins de 30 ans, avec notamment un partage de seringues entre usagers qui a doublé. On peut par conséquent craindre, dans les années qui viennent, une augmentation de l’épidémie du VHC mais aussi du VIH.

Rester vigilant en matière de  prévention de l’hépatite C et du VIH chez les usagers de drogues s’avère ainsi indispensable et implique la mise en place une nouvelle politique de réduction des risques qui a fait ses preuves dans d’autres pays, en particulier avec la création de salles de consommation à moindre risque médicalisées (SCMR).

 

 

M.C.

 

 

 

(1)  Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n°39-4026 novembre 2013 - Numéro thématique - Comportements à risques et prévention des populations exposées au VIH, aux IST et aux hépatites.

 

(2)  Test Rapide d’Orientation Diagnostique.

 

(3)   Une charge virale indétectable ne signifie pas l’absence du virus mais que la quantité de VIH a atteint un niveau inférieur au seuil de détection par les tests. Des études ont montré qu’une charge virale indétectable limitait considérablement les risques de transmission du virus.

 

(4) Enquête ANRS-Coquelicot 2011- Estimation de la séroprévalences du VIH et de l’hépatite C chez les usagers de drogues en France.

 

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