Checkpoint Paris

Dépistage rapide du VIH et autres IST

Ouvert du lundi au samedi
36 rue Geoffroy L'Asnier 75004 Paris

 

Contact:

Tél: 01 44 78 00 00


Accueil Le Kiosque Recommandations du Rapport sur la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH

Actualités

Recommandations du Rapport sur la prise en charge médicale d...

Recommandations du Rapport sur la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH

Lundi, 14 Octobre 2013
AugmenterRéduireTaille du texte

 

 

Fin octobre ont été rendues publiques les recommandations des experts ayant participé au Rapport sur la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH (1), élaboré tous les deux ans à la demande du Conseil National du Sida et de l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida.

Un dépistage plus large, mais aussi un traitement initié dès le diagnostic d’une infection à VIH, sont préconisés pour permettre d’infléchir  l’épidémie.

 

« Mieux dépister, mieux favoriser le recours aux soins, traiter plus largement, améliorer la prévention » : telles sont les principales recommandations des auteurs du rapport 2013 sur la prise en charge de l’infection à VIH.

 

Elargir le dépistage

Des recommandations qui s’appuient sur le constat d’une épidémie toujours mal contrôlée : sur une estimation de 150 000 personnes vivant avec le VIH en France, seules 115 500 bénéficient d’une prise en charge et entre 28 et 30 000 ne connaissent pas leur statut sérologique. Au regard de ce dernier chiffre, le nombre actuel de nouveaux diagnostics de contamination (6 100 en 2011) se révèle bien insuffisant pour espérer faire diminuer sensiblement la proportion de la population ignorant sa séropositivité. Ajoutons qu’en 2011, 29% de ces découvertes ont concerné des personnes présentant une infection à un stade avancé ou à un stade sida.  

Accroître le dépistage reste dans ce contexte un enjeu crucial, sachant que la majorité des transmissions sont liées à la méconnaissance du statut sérologique positif. Dépister une infection à VIH permet en outre de mettre en place précocement un traitement ARV pour un bénéfice à la fois individuel et collectif : efficaces pour la personne traitée, les traitements permettent également, en contrôlant le virus, de diminuer considérablement les risques de transmission du VIH. Or, si l’on peut se féliciter de l’augmentation de 11% du nombre de personnes vivant avec le VIH prises en charge entre 2008 et 2011, seules 60% d’entre elles étaient sous traitement durant cette même période et 52% présentaient une charge virale indétectable (2).

 

Un traitement pour tous

Par conséquent et pour la première fois, les auteurs du rapport insistent sur la nécessité de réduire au maximum non seulement les délais entre la contamination et le diagnostic, mais aussi entre le diagnostic et la mise sous traitement qui doit intervenir le plus rapidement possible, quels que soient la situation clinique de la personne et le nombre de ses CD4 (cellules qui coordonnent le système immunitaire et dont le nombre a longtemps été déterminant dans la mise en place ou non d’un traitement).

Parvenir à une augmentation du dépistage et à un accès aux soins le plus large possible implique de s’attaquer aux inégalités : on observe en effet de fortes disparités selon les groupes de population et les régions. Diagnostic et prise en charge sont ainsi plus tardifs dans les DOM (en particulier en Guyane), chez les femmes étrangères et chez les hommes hétérosexuels quelle que soit leur origine. Il s’agit aussi de réduire le nombre de perdu-e-s de vue suite à une découverte de séropositivité ; actuellement, 9600 personnes ayant été diagnostiquées ne sont pas prises en charge.

Dans cet objectif, le rapport propose notamment la mise en place d’un dispositif nominatif dans les CDAG et les CIDDIST (3), qui permettrait de recontacter les personnes et de leur proposer un suivi, tout en conservant la possibilité pour ceux qui se rendent dans ces structures de choisir l’anonymat.

La perspective économique a été examinée: la mise en place d’un accès aux traitements pour toutes les personnes vivant avec le VIH implique une hausse du coût de la prise en charge. Les experts se prononcent en conséquence pour la promotion de certains génériques présentant une efficacité égale aux antirétroviraux (ARV) classiques.

 

Conditions de vie

Afin de permettre le maintien au long cours de l’efficacité des ARV, le rapport insiste sur l’accompagnement des patients, par le biais notamment de l’éducation thérapeutique favorisant l’observance du traitement.

Sont aussi recommandés un soutien psychologique et des parcours de soins personnalisés. Car si l’espérance de vie des personnes séropositives s’est considérablement améliorée au fil du temps, grâce à l’efficacité croissante des traitements, elles présentent davantage de facteurs de risque qu’en population générale pour les maladies cardiovasculaires, osseuses, neurologiques, rénales, hépatiques ou encore les cancers. Améliorer la prévention et le dépistage de ces maladies, avec la mise en place de bilans spécifiques, s’avère ainsi primordial.

Un autre facteur prend de plus en plus d’importance dans la gestion de l’accompagnement: le vieillissement croissant des personnes prises en charge. En 2011, 13% des hommes et 8% des femmes avaient plus de 60 ans. Quant à l’âge médian, il est passé de 34 ans en 1993 à 46 ans en 2011.

Les auteurs du rapport demandent également une prise en compte de la précarité socio-économique dans laquelle se trouvent de nombreuses personnes vivant avec le VIH, et un soutien aux associations qui proposent un accompagnement dans tous les domaines.

 

Prévention combinée

Concernant la prévention, le rapport souligne l’importance du maintien d’une information régulière, d’un engagement politique déterminé, et de la mobilisation de tous les acteurs, professionnels du soin et de la prévention. Il est notamment demandé que la Loi 2001, qui prévoit des séances d’éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et lycées, soit enfin appliquée, de nombreux établissements choisissant encore de les ignorer.

Si le préservatif reste l’outil préventif de référence, promotion doit être faite de la prévention combinée qui prend en compte l’ensemble des stratégies de prévention : préservatif, dépistage, traitements ARV pré et post-exposition, comportements, etc. Dans cet objectif d’approche globale, il est aussi recommandé de redéfinir les missions des CDAG et des CIDDIST (2) et même de les fusionner, pour une prise en considération de la  santé sexuelle dans sa totalité et non d’une seule pathologie.

Le rapport insiste par ailleurs sur la nécessité d’une politique davantage ciblée et volontariste pour les populations les plus exposées à l’infection à VIH : les Hommes ayant des relations sexuelles avec des Hommes (HSH), les migrants et la population Guyanaise. Rappelons que chez les HSH, le taux de nouvelles découvertes de contamination s’élève à 1% quand il est de 17 à 19 pour 100 000 en population générale.

S’agissant du dépistage, les auteurs se prononcent pour la mise sur le marché des autotests, sous réserve d’un bon encadrement qui exige accompagnement et information par les CDAG/CIDDIST et les associations.

Enfin, le principe de la responsabilité individuelle est réaffirmé : il incombe à chacun de se protéger et de protéger autrui, et de se dépister afin de connaitre son statut sérologique.

 

 

Murielle COLLET

 

 

 


 

(1)    Rapport 2013 sur la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH, sous la direction du professeur Philippe Morlat et sous l’égide du CNS et de l’ANRS. La Documentation Française. Paris, 2013.

 

(2)    Une charge virale indétectable ne signifie pas l’absence du virus mais  que la quantité de VIH a atteint un niveau inférieur au seuil de détection par les tests. Des études ont montré qu’une charge virale indétectable limitait considérablement les risques de transmission du virus.

 

(3)    CDAG : Centres de Dépistage Anonymes et Gratuits.

CIDDIST : Centres d'Information, de Dépistage et de Diagnostic des Infections Sexuellement Transmissibles.

 

 

 

 

Actu précédente
En haut
lekiosque-240x80