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La consommation des produits psychoactifs chez les adolescents Parisiens de 17 ans

Mercredi, 22 Mai 2013
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Les résultats, restitués début avril, de l’enquête (1) réalisée en 2010 par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), auprès d’adolescents Parisiens de 17 ans, révèlent des consommations de produits psychoactifs différentes selon les quartiers de résidence, et bouscule quelques idées reçues quant à ces usages.

 

En 2004, l’OFDT a réalisé une enquête quantitative sur l’usage des produits psychoactifs par les jeunes Parisiens de 17 ans, suivie d’une deuxième étude en 2008, portant sur leurs perceptions de ces produits. L’enquête de 2010, demandée par la mairie de Paris, s’intéresse à ces deux aspects : prévalence et représentations. Menée selon le modèle de l’enquête nationale Escapad (2), elle a été réalisée en octobre-novembre 2010 auprès de 2165 jeunes Parisiens de 17 ans (3), lors de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) organisée par le Ministère de la Défense.

 

Interroger le territoire 

L’hypothèse qui préside à ces enquêtes est, qu’indépendamment des particularités individuelles, le lieu de résidence peut inciter à la consommation de produits psychoactifs. Lors de la première enquête, en 2004, le territoire parisien avait été divisé en quatre zones, selon des variables essentiellement économiques. Un partage géographique relativement cohérent Nord/Sud Est/Ouest avait été choisi, mais à l’intérieur de ces quartiers, l’homogénéité pouvait être remise en cause ; ce découpage gommait en effet les disparités économiques et sociales, parfois importantes, observées au sein des arrondissements. Pour l’enquête de 2010, décision a été prise d’affiner cette division. Le nouveau découpage, plus rigoureux sur le plan méthodologique, tient compte des informations délivrées par l’INSEE  (types d’habitat, revenus des ménages, etc.), et a permis de réunir les quartiers qui se ressemblent le plus. Deux grands secteurs populaires ont été définis : ceux du Nord-est et ceux compris dans une « circulaire Nord-est », qui va des Epinettes (17ème) au Père Lachaise (20ème) en passant par l’Hôpital Saint Louis (10ème) et la Gare de Lyon (12ème), et qui inclut  également une partie du 13ème arrondissement (4).  Les deux autres secteurs, Ouest et Centre regroupent essentiellement des quartiers de l’ouest parisien.

 

Des ivresses en hausse

L’analyse a été menée selon deux axes principaux : par sexe et par secteur géographique. Elle a permis de mesurer la prévalence de la consommation de produits psychoactifs chez les jeunes de 17 ans résidant dans la capitale, mais également de comparer les niveaux parisiens avec ceux des régions (5). 

Contrairement à l’idée véhiculée, les consommations ne sont pas plus élevées à Paris que dans le reste de la France, excepté pour les expérimentations de produits illicites autres que le cannabis.

Quasiment 9 jeunes de 17 ans sur 10 ont déjà bu de l’alcool, produit psycho-actif le plus expérimenté par les adolescents, à Paris comme ailleurs. Si l’on compare avec les niveaux de consommation relevés dans le reste du territoire, les Parisiens affichent globalement des usages inférieurs, à l’exception des usages réguliers d’alcool et des ivresses répétées, légèrement plus importants. Un jeune parisien sur 8 déclare avoir déjà bu plus de 10 fois dans le mois. On note une hausse de 61% des ivresses répétées entre 2004 et 2010, notamment chez les jeunes filles (l’augmentation est chez elles de 120% !).

Le tabagisme des jeunes Parisiens est comparable à celui de la métropole.  Plus des deux tiers (68,5%) déclarent avoir déjà fumé une cigarette au cours de leur vie.

Concernant le cannabis, on observe à Paris, comme sur l’ensemble du territoire, une diminution de la consommation. L’usage régulier de cannabis est ainsi passé de 10,8% en 2004 à 7,1% en 2010, soit une baisse de 30%.

 

Les données relatives aux autres produits illicites se limitent aux expérimentations en raison des faibles taux d’usage, un usage qui, à 17 ans, s’avère marginal. Ces expérimentations, à la hausse entre 2004 et 2010, demeurent supérieures à celles de la métropole, excepté pour les amphétamines. Le produit le plus répandu, et de loin, est le poppers, plus d’1 Parisien sur 10 en ayant déjà consommé. Suivent dans l’ordre la cocaïne, les champignons et l’ecstasy, dont l’expérimentation concerne 1 jeune sur 20. La diffusion des autres produits (amphétamines, LSD, héroïne et crack) plus rare, tourne autour de 2%. Contrairement à 2004, on ne constate aucune différence entre les filles et les garçons. On observe même que ces expérimentations sont à la hausse principalement chez les Parisiennes : par exemple, celle de la cocaïne est passée de 1% à 6% chez les jeunes filles (de 3% à 5% pour les garçons).

 

Le Nord-Est parisien moins consommateur

S’agissant des différences entre les secteurs, les principaux résultats de 2004 se voient confirmés, à savoir que les parisiens du Nord-Est continuent de présenter des niveaux de consommation globalement inférieurs à ceux du reste de la capitale : dans cette zone, plus d’un adolescent sur 10 déclare n’avoir jamais expérimenté d’alcool, de tabac et de cannabis, contre 2% dans l’ouest parisien.

L’idée reçue qui voudrait que ce soient les jeunes des quartiers les moins favorisés qui consomment le plus se trouve ainsi balayée. Si l’origine sociale discrimine les comportements, ce sont les adolescents dont les parents sont cadres qui présentent une consommation de tabac, d’alcool et de cannabis la plus élevée.

Quel que soit le secteur, l’alcool demeure le produit le plus expérimenté. Bien que l’écart avec le reste de la capitale s’avère moins marqué en 2010 qu’en 2004, les adolescents du sud-ouest (quartiers les plus favorisés) déclarent toujours des consommations d’alcool plus importantes qu’ailleurs. Quant aux produits illicites autres que le cannabis, on note une consommation de cocaïne moins importante dans le nord-est, et des expérimentations d’héroïne et de crack supérieures ou égales à 3% chez les adolescents de la circulaire nord-est, alors qu’elles sont bien inférieures à 2% dans le reste de la capitale (6).

En revanche, lorsque la consommation devient intensive, que ce soit pour le tabac, l’alcool ou le cannabis, les niveaux ne présentent pas de variation selon les quartiers d’habitation des adolescents.

Dans ces cas, les caractéristiques individuelles (mal-être, échec scolaire, etc.) jouent davantage.

 

Représentations

Derrière les variables socio-économiques, d’autres paramètres entrent en jeu. Les adolescents ont été interrogés sur leurs perceptions et opinions concernant le tabac, l’alcool, le cannabis et la cocaïne, sachant que ces représentations sont influencées par le niveau de consommation, la famille, les réseaux amicaux ainsi que par un certain nombre de paramètres culturels, notamment la religion. Les jeunes du secteur sud-ouest ont en général exprimé des opinions moins tranchées et une perception de dangerosité moins forte que dans les autres secteurs. Leur approche semble davantage hédoniste. La sociabilité joue un rôle dans les niveaux de consommation : ces jeunes des quartiers favorisés sont plus libres, sortent plus (tout en étant davantage encadrés par leurs parents).

Dans le Nord-Est, une partie des jeunes ont une vision très négative du cannabis, avant tout pour les implications que son usage peut, à leurs yeux, entraîner : risques financiers, risque de devenir dealer, de devoir voler pour acheter le produit, etc. Par ailleurs, ils sont plus nombreux que les autres adolescents à considérer que l’alcool et le tabac sont dommageables pour la santé.

Quant à l’idée, soumise par les enquêteurs, qu’une fille ne devrait pas boire d’alcool, elle scinde Paris en deux: si les jeunes des quartiers de l’ouest et du centre sont 17% à adhérer à cette idée, le pourcentage s’élève à 30% parmi ceux du Nord-est.

 

M.Collet

 

 

(1)Les adolescents parisiens de 17 ans vus à travers l’enquête ESCAPAD Paris 2010.

 

(2) Enquête sur la Santé et les Consommations lors de l'Appel de Préparation À la Défense. Depuis 2000, l’OFDT interroge régulièrement les jeunes Français lors de la Journée Défense et citoyenneté. Le questionnaire porte sur la santé de ces jeunes garçons et jeunes filles âgés de 17 ans, ainsi que sur leurs consommations de produits psychoactifs.

 

(3) Ces jeunes ont accepté de remplir un questionnaire anonyme auto-administré puis d’avoir un entretien avec les enquêteurs.

 

(4) Mais aussi le quartier de la Porte de Vanves dans le 14ème arrondissement, où l’habitat social est important et qui est inscrit en politique de la ville.

 

(5) Selon les données de la septième enquête nationale ESCAPAD menée en mars 2011 et recueillis en Métropole.

 

(6) Crack : de 1,1 à 1,8% dans le reste de la capitale contre 3,3% secteur circulaire nord-est ; héroïne : de 0,28 à 1,2% contre 3%.

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