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Les chiffres du VIH-sida en France

Les chiffres du VIH-sida en France

Mardi, 20 Mars 2012
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Dans le numéro du BEH(1) publié fin 2011, l'InVS(2)  présente le bilan de l’épidémie de VIH/sida en France en 2009-2010. Avec 6300 découvertes de séropositivité en 2010, un diagnostic tardif dans 1 cas sur 3, et une augmentation des contaminations chez les HSH(3) , la situation s’avère peu satisfaisante, et la nécessité de faire évoluer les stratégies de dépistage, urgente.

 

 

En 2010, 6265 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH, un chiffre qui n’évolue guère depuis 2007. La proportion de sérologies positives est nettement plus élevée en Île-de-France, en Guyane et en Guadeloupe que dans les autres régions. La majorité des découvertes concernent des personnes nées en France, tandis que la part des personnes nées en Afrique subsaharienne diminue depuis 2003.
Le pourcentage de personnes contaminées par rapports hétérosexuels, 57 % des diagnostics, est en légère baisse. Mais si la proportion des 25-34 ans diminue depuis 2003 et celle des moins de 25 ans reste stable, la part des personnes âgées de 50 ans et plus ne cesse en revanche d’augmenter, en particulier chez les hommes.
Estimé à 2 500 (soit 40% des diagnostics), le nombre de découvertes de séropositivité chez les Hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres Hommes est de nouveau en hausse en 2010, principalement chez les moins de 25 ans (il baisse chez les 25-49 ans et se stabilise chez les 50 ans et plus).
Les UDI (4) représentent  pour leur part 1% des nouvelles contaminations.

Un dépistage insuffisant
Avec 5 millions de tests réalisés chaque année, un chiffre constant depuis 2006, la pratique du dépistage est jugée très insuffisante, sachant qu’environ 40 000 personnes en France ignorent leur séropositivité et qu’un tiers des diagnostics sont posés très tardivement. En 2010, le motif de dépistage le plus fréquent était la présence de signes cliniques ; si 11% des personnes étaient au stade de primo-infection, 12%  présentaient un stade symptomatique non-sida  et 15% un stade sida.
La tendance observée entre 2003 et 2007, à savoir  une augmentation des diagnostics précoces et une baisse des cas de sida, ne s’est ainsi pas poursuivie. Chez les hommes hétérosexuels notamment, la part des découvertes très tardives au stade sida, en baisse constante ces dernières années, retrouve en 2010 son niveau de 2003. On observe par ailleurs une diminution des dépistages précoces chez les HSH.
Une situation d’autant plus préoccupante que le diagnostic précoce permet non seulement une prise en charge efficace, avec la possibilité d’une mise sous traitement rapide de la personne diagnostiquée, mais aussi de limiter le nombre de nouvelles contaminations.

Fixer des objectifs quantifiés
Les stratégies de dépistage conventionnelles ont atteint leurs limites et il est impératif d’intensifier et de diversifier l’offre - ainsi que le préconise le dernier Plan National de lutte contre le VIH -, notamment en impliquant davantage les médecins généralistes et en proposant le test en-dehors de la notion de risque (seule façon d’atteindre les personnes ne se sentant pas concernées par le VIH et souvent diagnostiquées plus tardivement). Sans oublier d’autres approches qui ont montré  leur efficacité, comme le dépistage communautaire.
Il faut par ailleurs poursuivre et diversifier les actions de prévention en direction des publics les plus exposés aux risques de contamination, en particulier les HSH (et parmi eux surtout les moins de 25 ans).
Devant l’urgence de la situation, François Dabis (Université de Bordeaux- ISPED- Centre INSERM) demande que des objectifs quantifiés soient fixés, estimant qu’une réduction de 80 à 90% des nouvelles contaminations est possible d’ici cinq ans. A condition que les pouvoirs publics s’y engagent, en donnant les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif…

 

M.Collet

 

(1) Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire.
(2) Institut National de Veille Sanitaire.
(3) Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
(4) UDI : usagers de drogues injectables.

 

 

BEH n°43-44 - 29 Novembre 2011 - L’infection à VIH-sida en France en 2009-2010 : découvertes de séropositivité, admissions en ALD et pathologies inaugurales de sida. InVS.

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