Checkpoint Paris

Dépistage rapide du VIH et autres IST

Ouvert du lundi au samedi
36 rue Geoffroy L'Asnier 75004 Paris

 

Contact:

Tél: 01 44 78 00 00


Accueil Actualités Actualités passées Les chiffres du VIH/sida en France en 2011

Actualités

Les chiffres du VIH/sida en France en 2011

Les chiffres du VIH/sida en France en 2011

Mercredi, 12 Décembre 2012
AugmenterRéduireTaille du texte

 

Dans le numéro du BEH[1] consacré au VIH/sida en France, publié le 1er décembre 2012, l'InVS[2] présente les données épidémiologiques de 2011 et les résultats de plusieurs études. Lesquelles révèlent une banalisation du VIH et la persistance de pratiques à risque, notamment chez les Hommes ayant des relations sexuelles avec des Hommes (HSH) et les jeunes.

 

Le bilan de l’année 2011 indique que l’épidémie ne faiblit pas et diffère peu de celui de 2010. Environ 6 100 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH contre 6 265 l’année précédente. Les régions les plus touchées demeurent La Guyane, la Guadeloupe et l’Île-de-France (en particulier Paris qui compte 8 fois plus de sérologies positives par million d’habitants que la moyenne nationale).

58 % des diagnostics concernent des personnes contaminées par rapports hétérosexuels (soit 3 500) contre 57% en 2010. Le nombre de découvertes de séropositivité chez les Hommes ayant des relations sexuelles avec des Hommes est de 2 400 (40% des diagnostics), un chiffre quasi identique à 2010 (2 500).

Les UDI[3] représentent toujours 1% des contaminations.

 

L’étude Prévagay [4]

Concernés par près de la moitié des nouvelles sérologies positives, les HSH restent particulièrement touchés par le VIH. L’étude Prévagay, réalisée pour la première fois en 2009, révèle par ailleurs un niveau de transmission du virus très préoccupant parmi les HSH fréquentant les lieux de convivialité gay parisiens. L’enquête, qui comprenait un prélèvement de sang et un questionnaire, a ainsi montré que le taux de nouvelles découvertes de séropositivité atteignait les 3,8% au sein de cette population (contre 1% au niveau national pour les HSH). 35% des hommes ayant répondu au questionnaire ont déclaré au moins un rapport anal non protégé avec un partenaire occasionnel pour l’année qui précédait. L’étude a également mis en évidence que, bien qu’ayant fréquemment recours au dépistage, une part importante des participants ne connaissaient pas leur statut vis-à-vis du VIH.

 

Banalisation

En population générale, on observe une banalisation du VIH/sida et une persistance de comportements à risque, en particulier chez les jeunes. Réalisée en 2010, La 6ème enquête sur les connaissances, les attitudes, les croyances et les comportements face au VIH/sida (KAPB) indique que le VIH n’est aujourd’hui pas davantage craint que les autres Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Cette banalisation semble essentiellement liée à l’efficacité des traitements, surtout chez les plus jeunes qui ont débuté leur vie sexuelle après l’arrivée des ARV. Pour la première fois, les 18-30 ans, dont le niveau de connaissance n’a cessé de baisser depuis 1998, s’avèrent moins bien informés que leurs aînés sur les modes de transmission du virus. Si le préservatif reste très utilisé, notamment lors du premier rapport sexuel, un tiers des jeunes pensent que la transmission du VIH est possible lors de relations protégées. Une croyance en augmentation dans toutes les classes d’âge entre 2004 et 2010, mais de façon plus marquée chez les 18-30 ans.

 

Enjeux du dépistage

Publié en novembre 2010, le Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014 préconise de proposer le dépistage à l’ensemble de la population, hors notion de risque, et de réitérer cette proposition pour les populations les plus exposées. L’enjeu est de taille : environ 30 000 personnes en France ignorent leur séropositivité, or la majorité des transmissions est liée à la méconnaissance du statut sérologique positif. De plus, dépister tôt une infection à VIH permet d’initier précocement un traitement ARV pour un bénéfice à la fois individuel et collectif : les traitements ARV, en contrôlant le virus, permettent de diminuer considérablement les risques de transmission du VIH.

 

Différents messages d’incitation au dépistage destinés au grand public, aux HSH et aux migrants, ont été diffusés en 2011. Après plusieurs années de stabilité, le nombre de tests réalisés a augmenté de 4%. Si cette hausse ne s’est pas accompagnée pas d’une augmentation du nombre de découvertes de séropositivité, une seule année de recul par rapport aux préconisations du Plan national de lutte contre le VIH/sida, qui s’étend sur 5 ans, est jugée insuffisante pour apprécier l’efficacité des stratégies de dépistage mises en place. Pour Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS [5] et Francis Barin[6], « les efforts de prévention et d’incitation au dépistage et à la prise en charge de l’infection doivent être poursuivis, voire intensifiés, dans notre pays ».

 

M.Collet

 

 

1] Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire. 
2 Institut National de Veille Sanitaire.

[3] UDI : usagers de drogues injectables.

[4] Incidence de l’infection par le VIH dans un échantillon d’hommes ayant des relations sexeulles avec des Hommes à Paris. Enquête Prévagay 2009 ANRS-InVS.

[5] Agence Nationale de Recherche sur le sida et les Hépatites.

[6] Responsable du Centre national de référence du VIH, CNR VIH & Inserm

 

 

BEH n°46-471er décembre 2012 – Numéro thématique - VIH/sida en France : données de surveillance et études. InVS.

 

 

Actu précédente
En haut
lekiosque-240x80